« Les gens s’arrêtent pour bouger un pion, et ça amène à des débats »

Loriane Fauvet, ancienne chargée de projet à Adalea et Penthièvre Actions, a initié la dynamique des ateliers Mobilimix à Saint-Brieuc et dans ses environs. L’expérience a prouvé l’efficacité du jeu pour faire prendre conscience des enjeux d’isolement et de sécurité, bousculant au passage les certitudes de certains automobilistes convaincus. Testé aussi en format flash sur des forums, le plateau s’est révélé être un excellent outil d’accroche spontanée pour le grand public.
Suite au départ de Loriane pour une thèse sur la démotorisation des seniors, Hélène Lacroix a repris le flambeau de l’animation en Côte d’Armor. Chargée de projet pour l’association dans le cadre du programme national Tims , Hélène déploie désormais Mobilimix auprès de publics cibles à Saint-Brieuc et Lamballe, notamment des jeunes de 16 à 25 ans en insertion professionnelle.
Pour capter ces groupes, elle intègre le jeu au sein d’un parcours de sensibilisation complet en trois séances, espacées d’un mois :
Atelier 1 : Découverte du territoire. Les participants doivent rejoindre une ville avec un double défi : dépenser le moins d’argent possible et limiter leurs points malus liés à la pollution.
Atelier 2 : Session Mobilimix. Les jeunes endossent le rôle d’élus locaux et doivent prendre des décisions d’aménagement pour leur territoire. Les deux premiers tours de chauffe permettent à tous les joueurs de bien intégrer les règles, puis l’esprit de compétition prend vite le relais. Ils cherchent à gagner tout en mesurant l’impact budgétaire de leurs choix.
Atelier 3 : Pratique et sécurité. Une séance de prévention axée sur l’usage du vélo et de la trottinette, complétée par des mises en situation en réalité virtuelle.
Faire évoluer les mentalités en zone rurale et urbaine :
Les retours d’expérience montrent un impact concret sur les représentations de la mobilité. Plusieurs jeunes qui envisageaient le permis de conduire comme un pass exclusif pour le “tout-voiture” revoient leurs priorités, affirmant après coup ne vouloir utiliser le véhicule thermique qu’en cas de strict besoin.
Hélène applique également cette méthode avec des groupes d’adultes, souvent des professionnels du secteur ou des citoyens curieux mobilisés par le bouche-à-oreille et les réseaux de partenaires. Ces derniers se projettent très facilement dans le rôle de décideurs, amorçant des débats constructifs autour de la concertation territoriale à partir de leurs propres vécus et des réalités locales de la Côte d’Armor. Les ateliers planifiés pour les prochains mois continuent d’essaimer, confirmant le rôle de Mobilimix comme levier d’action pour la mobilité inclusive.
